La géographie réunionnaise impose des déplacements longs et souvent coûteux. Les agents qui vivent dans les Hauts et travaillent sur le littoral, ceux qui interviennent sur plusieurs sites dans la même journée, ceux dont les horaires ne coïncident avec aucune desserte de transport en commun : tous financent, sur leur salaire net, une part significative de l’exercice de leurs fonctions.
Le prix des carburants a connu ces dernières années des évolutions que nul n’avait anticipées dans les grilles indiciaires. Un agent dont la rémunération a progressé de quelques points d’indice a pu voir, dans le même temps, son budget déplacement augmenter bien davantage. Le gain statutaire est absorbé avant même d’avoir été perçu.
Les agents en tournée, en astreinte ou en intervention multisite sont les plus exposés. Lorsque les frais kilométriques sont calculés sur des barèmes anciens, ou lorsque leur versement accuse des retards, c’est l’agent qui fait l’avance de trésorerie à la collectivité. Ce n’est pas acceptable.
Des solutions existent, et certaines collectivités les ont déjà déployées : forfait mobilité durable, participation aux abonnements de transport, aide ciblée au carburant, développement du télétravail pour les fonctions qui s’y prêtent. Ce ne sont pas des dispositifs exotiques. Ce sont des outils disponibles, que rien n’empêche de généraliser.
Ce que nous demandons
- La mise en place d’une aide au carburant ou d’un dispositif équivalent de compensation.
- La réévaluation et le versement dans les délais des indemnités kilométriques.
- Le déploiement effectif du forfait mobilité durable dans toutes les collectivités.
- Le développement du télétravail comme levier direct de pouvoir d’achat.
Aller travailler ne devrait pas être un poste de dépense. Reconnaître le coût réel du déplacement, c’est reconnaître le travail dans son intégralité.